Aucun texte ne fixe de minimum ni de maximum pour un acompte de travaux : le montant se négocie et doit figurer sur le devis signé. L’usage est de 20 à 30 % du total. Un acompte engage les deux parties, contrairement aux arrhes, et exiger 100 % avant le chantier peut être jugé abusif. Pour un devis de 10 000 €, un acompte de 30 % représente 3 000 €. À Marseille comme ailleurs, tout ce qui dépasse mérite une justification écrite.
L’acompte est le premier euro versé à un artisan, et le seul que vous ne pouvez plus reprendre sans litige si le chantier tourne mal. Il sert à acheter les matériaux et à bloquer une date. Savoir combien donner, sous quel nom et contre quel document évite la plupart des conflits qui arrivent ensuite devant un conciliateur.
Quel montant d’acompte demander ou accepter ?
La réponse officielle est simple. Selon le ministère chargé du commerce et de l’artisanat, hormis le contrat de construction de maison individuelle et la vente en l’état futur d’achèvement, la somme à verser avant les travaux est définie d’un commun accord. Aucun montant minimum ni maximum n’est fixé par la loi. En pratique, il est d’usage de demander entre 20 et 30 % du total, et cette somme doit apparaître dans le devis.
Dans les faits, les artisans adaptent le taux au poste le plus coûteux de leur chantier : un fournisseur à payer d’avance justifie un acompte plus élevé qu’un chantier de main-d’œuvre.
| Type de chantier | Acompte courant | Pourquoi ce taux |
|---|---|---|
| Peinture, petits travaux | 20 à 30 % | Peu de matériaux à avancer |
| Plomberie, électricité | 30 % | Achat du matériel avant la pose |
| Menuiseries, cuisine, salle de bains sur mesure | 30 à 40 % | Fabrication commandée au fournisseur |
| Rénovation lourde ou extension | 30 %, puis paiements par étapes | Chantier long, risque réparti |
Pour un chantier de salle de bains, par exemple, le détail des postes figure dans notre fiche prix d’une salle de bains à Marseille. Quand un poste est commandé sur mesure, c’est lui qui justifie le taux.
| Montant du devis | Acompte à 20 % | Acompte à 30 % | Acompte à 40 % |
|---|---|---|---|
| 3 000 € | 600 € | 900 € | 1 200 € |
| 10 000 € | 2 000 € | 3 000 € | 4 000 € |
| 25 000 € | 5 000 € | 7 500 € | 10 000 € |
Acompte ou arrhes : la différence qui change tout
Les deux mots désignent une somme versée d’avance, mais leurs effets s’opposent. Le ministère le rappelle : contrairement aux arrhes, un acompte constitue un engagement ferme. Il engage les deux parties et ne permet plus de modifier le contrat. Si l’entreprise annule, vous pouvez réclamer le remboursement de l’acompte et des dommages et intérêts. Si c’est vous qui vous rétractez, vous perdez l’acompte et le professionnel peut réclamer des indemnités.

Les arrhes fonctionnent autrement : chacun peut renoncer, le client en perdant la somme versée, le professionnel en rendant le double. Quand un document ne précise rien, la règle générale du code de la consommation est que les sommes versées d’avance sont des arrhes. Le mot compte donc : écrivez « acompte » sur le devis et sur le reçu, et pas « avance » ou « versement initial ». Pour un client qui veut garder sa liberté de renoncer, les arrhes sont plus souples. Pour un client qui veut contraindre l’artisan à tenir sa date, l’acompte protège davantage.
- Acompte : engagement ferme des deux côtés, remboursement et dommages et intérêts si l’artisan renonce.
- Arrhes : faculté de renoncer, avec perte de la somme pour vous ou restitution du double pour lui.
- Sans mention : la loi présume en général des arrhes, d’où l’intérêt d’un écrit précis.
Ce que le devis doit dire avant de payer
Le ministère précise que le versement de l’acompte doit être accompagné d’un devis signé, qui indique notamment le montant total des travaux, les modalités de paiement, les délais d’exécution et les conditions en cas d’annulation ou de retard. Avant de régler quoi que ce soit, vérifiez ces points :
- le prix total, avec le détail des postes et de la TVA ;
- le montant de l’acompte en euros et en pourcentage, avec le mot « acompte » ;
- les dates ou le délai de début et de fin de chantier ;
- le calendrier des paiements suivants et la part du solde ;
- les conditions d’annulation et les pénalités de retard ;
- l’identité de l’entreprise, son assurance décennale et son numéro d’immatriculation.
La liste complète des mentions est détaillée dans la fiche lire un devis de travaux. Pour contrôler l’entreprise avant de signer, les cinq contrôles prennent moins d’une heure. Un artisan qui refuse d’écrire la date de démarrage à côté de l’acompte vous donne déjà une information.
Avant de verser un euro, trois lignes doivent figurer sur le devis signé : le montant de l’acompte, la date de démarrage, et la conséquence d’un retard. Si l’une manque, demandez-la par écrit avant de payer.
Un calendrier de paiement raisonnable
Sur un chantier de plusieurs semaines, ne payez pas tout au début : l’échelonnement répartit le risque entre vous et l’artisan. Le ministère mentionne même la possibilité, avec l’accord des deux parties, de consigner 5 % du montant : le compte est ouvert par le maître d’ouvrage au nom de l’entreprise, et les fonds sont débloqués après l’achèvement des travaux en l’absence de réserve du consommateur.
| Étape | Part du devis | Pour 10 000 € | Condition de paiement |
|---|---|---|---|
| Commande | 30 % | 3 000 € | Devis signé avec la date de démarrage |
| Mi-chantier | 40 % | 4 000 € | Moitié des travaux réalisée et constatée |
| Fin de travaux | 25 % | 2 500 € | Travaux terminés, avant la réception |
| Après la réception | 5 % | 500 € | Réserves levées, solde consigné ou retenu |

La dernière ligne s’appuie sur le procès-verbal de réception : tant que les réserves ne sont pas levées, gardez une part du solde. La marche à suivre est détaillée dans la fiche PV de réception de chantier.
Quand l’acompte devient abusif
Contraindre le consommateur à régler l’intégralité des travaux avant leur réalisation, ou exiger une somme disproportionnée, peut être considéré comme abusif. Le ministère juge que le paiement de la totalité avant le début de la prestation paraît excessif : le client exécute toute son obligation alors que l’artisan n’a rien exécuté. Une telle clause peut être déclarée abusive par le juge au sens de l’article L. 212-1 du code de la consommation, puis réputée non écrite.
En pratique, trois situations doivent alerter. Un artisan qui demande 50 % ou plus à la commande sans fournisseur à payer. Un acompte réclamé en espèces, sans reçu. Une pression sur le délai, du type « le tarif n’est valable qu’aujourd’hui ». Ces signaux se retrouvent dans de nombreux dossiers de démarchage et de faux artisans.
Comment payer et garder la preuve
Payez par un moyen traçable : virement, chèque ou carte. Les paiements en espèces sont plafonnés à 1 000 € entre un professionnel et un particulier résidant en France, et un artisan qui les réclame pour un acompte plus élevé s’expose à une amende. Exigez une facture d’acompte ou, au minimum, un reçu qui mentionne le montant, la date, l’identité de l’entreprise et le renvoi au devis.
- Conservez le devis signé, le reçu et le relevé bancaire dans un même dossier.
- Photographiez le panneau ou le véhicule de l’entreprise le jour de la visite.
- Notez la date et l’heure de chaque échange avec l’artisan, notamment ceux qui concernent le démarrage.
- Vérifiez que le taux de TVA du devis correspond à votre situation : TVA sur les travaux à Marseille.
Contrat signé chez vous après démarchage
Quand un artisan vous démarche à domicile et fait signer le devis chez vous, le contrat est conclu hors établissement. Vous disposez alors de 14 jours pour vous rétracter, et le professionnel ne peut en principe recevoir aucun paiement pendant les 7 premiers jours. Un artisan qui exige un acompte immédiat dans ces conditions ne respecte pas la règle. Le formulaire de rétractation doit figurer sur le devis. Si l’intervention est demandée en urgence, des règles particulières s’appliquent : conservez alors toutes les preuves.
Si l’artisan ne démarre pas ou fait faillite
Le ministère le rappelle : encaisser un acompte oblige l’artisan à tenir ses engagements. Un retard injustifié ou l’absence de démarrage peut entraîner l’obligation de rembourser et, parfois, des pénalités. Dans l’ordre, voici la marche à suivre :
- relancer par courriel en citant la date de démarrage inscrite au devis ;
- envoyer une mise en demeure en recommandé avec un délai raisonnable ;
- saisir un conciliateur de justice, gratuit, ou la protection juridique de votre assurance ;
- à défaut, saisir le tribunal compétent, avec le devis, le reçu et les échanges.
Le détail des recours figure dans la fiche acompte encaissé et travaux non réalisés. Si l’entreprise est en redressement ou en liquidation, il est trop tard pour consigner l’acompte : vous pouvez adresser une déclaration de créance au mandataire judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement au Bodacc. Vous devenez alors créancier chirographaire et ne serez remboursé, s’il reste des fonds, qu’après les créanciers prioritaires. D’où l’intérêt de ne pas avancer plus que nécessaire. Un chantier abandonné ou mal fait relève des recours pour malfaçon ou abandon.
Cinq erreurs à éviter avant de payer
Les litiges d’acompte suivent presque toujours le même scénario, et chaque erreur se corrige avant le versement, jamais après.
- Payer sans devis signé. Sans devis, il n’existe ni prix ni date : l’acompte devient une somme versée sans contrepartie écrite, difficile à réclamer.
- Verser plus que le poste de matériaux. Si le seul achat à faire avant le chantier est un équipement de 2 000 €, un acompte de 5 000 € n’a pas de justification. Demandez le bon de commande du fournisseur.
- Ne pas dater le démarrage. Une formule du type « début des travaux courant du trimestre » ne fixe rien. Une date ou une semaine précise permet de mettre en demeure en cas de retard.
- Oublier de vérifier l’assurance. Une attestation de décennale à jour, au nom de l’entreprise et pour l’activité concernée, se demande avant le premier paiement, pas à la réception : voir le défaut d’assurance décennale.
- Régler le solde avant la réception. Payer la dernière échéance avant d’avoir contrôlé le chantier prive de tout levier pour obtenir la reprise des défauts.
Ces cinq points valent aussi pour les artisans que l’on connaît bien. Le bouche-à-oreille ne remplace pas un écrit : il permet seulement de commencer la discussion avec une bonne base.
Les réflexes utiles à Marseille
Le droit est national, mais le terrain est local. L’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône conseille gratuitement les particuliers sur les devis et les litiges de travaux, et la direction départementale de la protection des populations reçoit les signalements d’artisans qui encaissent sans exécuter. La plateforme nationale SignalConso permet aussi de signaler une pratique.
Dans une copropriété, le syndic ou le conseil syndical valide les travaux d’une partie commune : l’acompte se vote alors avec le devis. Pour les chantiers de toiture ou de façade, regardez les garanties après travaux avant de verser quoi que ce soit.
Quel pourcentage d’acompte est légal pour des travaux ?
Aucun pourcentage maximum n’est fixé par la loi pour des travaux chez un particulier, hors construction de maison individuelle et vente en l’état futur d’achèvement. L’usage est de 20 à 30 %, et le montant doit figurer sur le devis.
Peut-on refuser de verser un acompte ?
Oui, sauf si le devis signé le prévoit. L’acompte se négocie : vous pouvez proposer un taux plus faible, un paiement échelonné ou la consignation d’une partie des fonds.
L’acompte est-il remboursable ?
Si l’artisan ne commence pas ou annule, oui, avec d’éventuels dommages et intérêts. Si c’est vous qui annulez après avoir signé, vous perdez l’acompte, sauf clause contraire ou droit de rétractation.
Quelle différence entre acompte et arrhes ?
Un acompte engage fermement les deux parties. Les arrhes permettent à chacun de renoncer : vous perdez la somme, l’artisan rend le double. Sans mention, la loi présume des arrhes.
Peut-on exiger 100 % avant le début des travaux ?
C’est excessif. Le ministère indique que la clause de paiement intégral anticipé peut être jugée abusive et réputée non écrite par le juge.
Que faire si l’artisan est en liquidation après l’acompte ?
Déclarez votre créance au mandataire judiciaire dans les deux mois de la publication du jugement au Bodacc. Vous serez payé après les créanciers prioritaires, s’il reste des fonds.
Avant de signer, comparez deux devis au même cahier des charges, demandez le calendrier de paiement par écrit et ne versez l’acompte qu’une fois le devis daté et signé des deux côtés. Gardez les copies : elles sont la seule garantie dont vous disposerez si le chantier ne démarre pas.
Assemblée nationale, question écrite n° 7506 : acompte de 30 % pour la réalisation de travaux, réponse publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025, consultée le 9 octobre 2026. Les montants en euros sont calculés pour cette page.
